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La Lettre du Mardi n° 101 du 22.1.2019

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n° 101 du 22.01.2019

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n La prise d’anticoagulants (aspirine ou autres) est-elle compatible avec la pratique sportive ?

Notre FMNS : la natation est conseillée par la plupart des cardiologues après une opération cardiaque ou la pause d’un stent. D’un autre côté la population de la France vieillit, nous sommes, et nous serons de plus en plus en contact avec des personnes qui veulent pratiquer un sport mais qui prennent des anticoagulants (aspirine ou autres). Que devons nous déconseiller ?

En tant qu’éducateurs sportifs, nous devons être capables de conseiller.

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Le point avec le Dr Stéphane Messager,

cardiologue à Créteil.

 

 

 

 

 

 

 

QUESTION : Quels sont les différents types d’anticoagulants ?

Dr Stéphane Messager : On distingue deux classes d’anticoagulants :

• les anticoagulants injectables à base d’héparine, fractionnée ou non fractionnée ;

• les anticoagulants oraux : les antivitamines K (AVK) et les nouveaux anticoagulants oraux (NACO), appelés depuis peu les anticoagulants oraux directs (AOD).

QUESTION :  Ont-ils tous les mêmes effets ? Quelles sont leurs indications ?

Dr Stéphane Messager :  Les anticoagulants ont tous pour but de fluidifier le sang pour éviter la formation de caillot.

            Les anticoagulants injectables à base d’héparine sont utilisés chez les patients atteints de pathologie cardiaque en phase aiguë, de troubles du rythme cardiaque, de phlébite ou  d’embolie pulmonaire. Les AVK sont recommandés pour les cardiopathies chroniques  (opérées ou non), les dysfonctions ventriculaires, les maladies valvulaires évoluées, les  coeurs dilatés… Les indications sont nombreuses. Une surveillance biologique est  possible grâce à l’INR (indice de coagulabilité du sang).

            Quant aux AOD, ils n’ont qu’une indication actuellement en cardiologie : la fibrillation auriculaire. L’inconvénient de ce type d’anticoagulants est qu’il n’y a pas de surveillance biologique de routine. Le dosage de l’INR est inutile et seuls des examens spécifiques  sont faisables.

QUESTION :  Les anticoagulants contre-indiquent-ils toute pratique sportive ?

Dr Stéphane Messager :  Le problème est à poser différemment. Il faut savoir pourquoi ceux qui font du sport prennent des anticoagulants. Il faut prendre en compte le type de la maladie cardiaque initiale.

            En cas de maladie congénitale opérée, de cardiopathie modérée bien compensée, ou de troubles du rythme chronique, comme la fibrillation auriculaire, la pratique de certains sports est possible et compatible avec la prise d’anticoagulants.

            En revanche, pour un patient ayant une cardiopathie avec un cœur dilaté, une insuffisance coronarienne, une dysfonction ventriculaire gauche chronique et qui est sous anticoagulants, il est tout de même déconseillé de faire du sport.

            La pratique du sport dépend donc du degré de sévérité de la maladie et du sport pratiqué. Mais in fine, la contre-indication de la pratique sportive dépend plus de la maladie que de la prise d’anticoagulants.

            Chez le patient sous anticoagulants, il convient de déterminer quel sport est envisageable : la pratique de sports comme le footing, la natation ou le golf n’est pas à risque. En revanche, les sports de combat ou les sports à risque de chute comme le cyclisme ou le ski sont fortement déconseillés.

Il reste possible, le cas échéant, de réorienter les patients vers d’autres sports, tout en séparant sport de loisir et sport de compétition. Le patient qui aime faire une balade à vélo le dimanche peut à la rigueur y être autorisé, même s’il est sous anticoagulants, alors qu’on lui déconseillera le V.T.T.

            Comme pour tout traitement, il faut peser le bénéfice et le risque du médicament.

QUESTION :   Quels sont les risques d’une pratique sportive non appropriée ?

Dr Stéphane Messager : Quel que soit le type d’anticoagulants, le principal risque est le risque hémorragique. C’est pourquoi tous les sports qui peuvent entraîner une chute, ou qui présentent un risque traumatique, sont formellement interdits.

QUESTION :  La pratique d’un sport peut-elle avoir une influence sur le traitement ?

Dr Stéphane Messager :  Oui, la pratique d’un sport peut avoir une influence au niveau des facteurs de coagulation.

Les efforts prolongés et/ou intenses peuvent modifier la viscosité sanguine et l’état  d’hydratation et donc

QUESTION :  La pratique d’un sport à haut niveau est-elle envisageable ?

Dr Stéphane Messager :  La plupart du temps non, mais tout dépend du sport pratiqué comme nous l’avons vu précédemment, compte tenu du risque hémorragique.

            De plus, le sport de haut niveau nécessite des entraînements intensifs, avec notamment une sollicitation musculaire et tendineuse. De ce fait, des petites lésions tendineuses, des élongations, des déchirures musculaires peuvent survenir et entraîner des hémorragies locales, ce qui va limiter l’aptitude en haut niveau.

            Par ailleurs, bien évidemment, la pathologie cardiaque sous-jacente (comme la fibrillation auriculaire) va diminuer les performances sportives.

QUESTION :  Y a-t-il un suivi particulier pour les patients qui ont une pratique régulière ?

Dr Stéphane Messager :  Oui, un suivi cardiologique est mis en place pour voir comment évolue la maladie cardiaque causale.

            De plus, le traitement anticoagulant n’est pas nécessairement un traitement à vie, il faut donc faire des bilans réguliers pour juger de la nécessité ou non de prolonger ce traitement qui n’est pas anodin.

            De toute façon, lorsque les patients prennent des AVK, l’INR est contrôlé régulièrement, pour pouvoir adapter la dose de médicament.

QUESTION : Que faire en cas de chute ?

Dr Stéphane Messager :  L’éducation des patients est essentielle en cas de prise d’anticoagulants.

            Il est important d’informer les patients qu’en cas de chute ou de choc, le risque majeur est de voir se développer une hémorragie qui peut n’être qu’un simple hématome mais aussi être intra-articulaire, voire cérébrale en cas de traumatisme crânien. En cas de problème sous anticoagulants, le médecin doit être consulté rapidement.

            Pour des patients sous AVK, l’antidote consiste à donner de la vitamine K. Alors qu’avec les AOD, nous n’avons pas d’antidote, ce qui limite en pratique leur emploi.

Propos recueillis par Charlène Catalifaud, journaliste scientifique pour notre FMNS -- FINn